La composition de Malherbe

Franck Dumas devait faire face hier soir à l'absence de 3 de ses latéraux : Tafforeau, Barzola et Raineau. Il a donc opté au coup d'envoi pour une défense à 4 avec Seube sur la gauche et Sorbon sur la droite en remplacement de l'argentin Barzola. Dans l'axe, c'est la paire Leca - Herteaux qui a évolué.

Le replacement de Seube en défense a modifié la donne au milieu par rapport aux dernières sorties du SMC. Et c'est Deroin, qui faisait son retour en tant que titulaire à d'Ornano, qui a officié en second milieu relayeur aux côtés de Proment. Pour le reste, c'était du grand classique : Eluchans à gauche et Nivet en soutien des 2 offensifs.

En attaque, l'entraineur caennais pouvait compter sur le retour de Langil, le meilleur buteur du club (7 buts - NDLA : avant celui de ce soir) à droite. L'ex-auxerrois était associé à El Arabi dans l'axe.

Côté mayennais, pas de gros bobos à signaler et c'est l'équipe type qui était alignée par Hinsberger au départ du match.

Première période : tombe la neige...

Il va sans dire qu'il ne fallait pas arriver en retard au stade hier soir. Car Caen s'est montré très réactif en ouvrant la marque dès sa première incursion dans le camp lavallois.

Sur une relance hasardeuse du défenseur latéral gauche Coué, Deroin récupère le ballon dans l'axe. Il sert astucieusement Langil, lancé sur son flanc droit. Ce dernier, à la limite du hors-jeu, prend son vis à de vitesse et adresse une judicieuse frappe croisée du droit que le gardien mayennais Balijon ne peut détourner. 1-0, 1ère minute.

On se dit alors que la soirée pourrait être belle pour Caen. Mais c'était sans compter sur 2 éléments : la neige et la qualité de l'adversaire du soir...

Caen se met très vite à reculer et ne parvient plus à l'entame du second quart d'heure, à dérouler son jeu offensif. Cette inhibition dans le jeu s'accentue au fur et à mesure que la neige s'abat sur la pelouse. Très vite, le terrain devient blanc et les tangos prennent leurs marques grâce à leurs petits gabarits en attaque bien plus à l'aise sur cette surface glissante que les défenseurs normands.

Caen se montre dépassé par les assauts de Laval et il faut un grand Thébaux (frappe à ras de terre de Haguy), cumulé à un manque de lucidité des attaquants tangos dans le dernier geste (39e : Genest tire au dessus alors qu'il a le but grand ouvert) pour empêcher le ballon de pénétrer dans les filets.

Côté caennais, on dénombre quelques timides réactions comme cette frappe puissante d'Eluchans (le meilleur caennais avec Thébaux et Heurtaux hier soir) qui reste dans les bras du portier adverse (42e).

Laval domine l'entre-jeu et se crée les meilleures situations offensives et c'est de manière heureuse que le SMC conserve son avantage à la pause....

Seconde période : une pluie d'occasions sous une tempête de neige...

Une fois les lignes rapidement dégagées par les agents municipaux et leurs souffleuses magiques, la seconde mi-temps pouvait reprendre... mais dame neige avait décidé de continuer à perturber la rencontre.

Les flocons se sont déversés tout au long de la partie rendant le jeu plus proche du patinage artistique que du football. Caen avait beaucoup de mal à maitriser le cuir, s'efforçant à poser le jeu alors qu'il fallait "déjouer sur ce genre de terrain, être plus directs" (dixit Dumas en conférence de presse d'après-match).

Il n'en fallait pas moins aux visiteurs pour prendre l'emprise de la partie. En 10 minutes, Hagui (reprise au dessus) puis Genest (tir croisé au ras du poteau de Thébaux) semaient le trouble dans l'arrière-garde malherbiste.

Caen se montrait par intermittence et El Arabi, très peu servi hier soir, parvenait à profiter d'une énorme erreur défensive mayennaise. Son tir était alors contré par Stinat qui prenait du même coup son gardien à contre-pied mais le cuir s'arrêtait à quelque centimètres à droite du but de Balijon.

L'arbitre profitait d'un temps mort suite à une faute sur Heurtaux pour refaire un tour de souffleurs sur les lignes. Pendant 8 minutes, le match est arrêté ! Cela casse le rythme du match et profite aux joueurs de Dumas.

Les rouges et bleus manquent de tuer le match peu après lorsque le tir de Nivet, très bien servi par Yatabaré entré en jeu peu de temps auparavant, s'échoue sur le poteau lavallois.

Rescapés de justesse du 2-0 fatal, les joueurs d'Hinsberger vont se ruer à l'assaut du but caennais pour trouver une juste égalisation. Celle-ci parvient à la 83e minute lorsque Hamouma s'échappe sur la droite, se débarrasse de Seube et adresse un centre millimétré à Do Marcolino dont la tête au point de pénalty crucifie Thébaux. (1-1).

Les 12000 spectateurs présents (en comptant les abonnés) sentent alors la tempête redoubler et on se dit que la première défaite de Caen à domicile n'est pas loin. Dumas le dira d'ailleurs en conférence de presse : "à la mi-temps j'ai dit au joueurs que je ne sentais pas ce match, qu'on allait le perdre...".

Heureusement, on pouvait compter sur l'orgueil du leader et sur la fébrilité lavalloise en fin de match. Les visiteurs reculent d'un cran après leur but et il n'en faut pas moins au SMC pour reprendre de l'allant et tenter d'arracher la victoire. Les 9 minutes d'arrêts de jeu sont 100% rouges et bleus. Mais les vagues échouent sur un excellent gardien adverse. Ainsi, la frappe très lourde d'Heurtaux est détournée magnifiquement par Balijon. Caen ne parviendra plus ensuite à cadrer et l'arbitre renvoi les 22 bonshommes de neige au vestiaire.

Le bilan : Caen freiné dans sa course...

Personne ne pourra contester que Laval est l'équipe qui a posé le plus de souci à Malherbe cette saison à domicile. Leur vivacité offensive a fait la différence sur un terrain à la limite du praticable. Toutefois, les caennais ont fait preuve de solidarité et montré qu'ils ne se laissaient pas abattre si facilement. Si le jeu n'a pas été flamboyant, l'envie et l'état d'esprit eux sont toujours là, et on pourra continuer à penser que dans de meilleures conditions, Malherbe aurait sans doute emporté ce match, eût égard aux faiblesses défensives adverses.

Au classement, Caen voit ses poursuivants reprendre du terrain. Brest et Arles ont gagné hier soir et reviennent à 6 et 8 poins du SMC. Metz, le prochain adversaire des hommes de Dumas n'a pas joué hier (match reporté à Angers) au grand damne du coach malherbiste : "je ne comprend pas pourquoi nous on joue et eux n'ont pas joué ! On nous oblige à acheter des bâches mais pas les autres ? Nous aussi on peut reporter notre match lundi si l'avion ne décolle pas de Carpiquet..."

Il est vrai que les lorrains auront un surplus d'énergie par rapport aux caennais, qui auront beaucoup souffert ce vendredi. Mais le leader de L2 a du caractère et saura montrer à ses détracteurs que les 2 derniers matchs ne sont pas représentatifs de sa valeur... Réponse lundi à 20h45...si la neige ne joue pas encore un tour au SMC !

Les équipes de départ

CAEN : Thébaux - Sorbon, Leca, Heurtaux, Seube (cap) - Proment, Deroin - Langil, Nivet, Eluchans - El Arabi. Ent : F. Dumas.

LAVAL : Balijon - Stinat, Chapuis (cap), Talmont, Coué - Neumann, Levrat, Hamouma, Haguy, Le Pen - Genest. Ent : P. Hinschberger.