Saint-Etienne n'a pas tremblé (lui !) face aux canaris (2-1) et a plongé Caen dans le dur chemin vers la L2.

Désormais, le club n'est plus seulement maître de son destin, mais devra combiner avec des défaillances adverses pour assurer sa survie parmi l'élite. Ce que tout le monde pressentait depuis janvier est plus que jamais devenu réalité : Caen ne gagne pas, ne gagne plus et alterne le jeu avec le non-jeu. Mais hélas, comme la chance sourit aux audacieux, la malchance accable les timides.

En témoigne, ce but assassin encaissé à l'ultime seconde de la rencontre face aux grenoblois samedi soir. Le corner de la peur que l'on voit déjà au fond avant même qu'il soit tiré, tant on sent une équipe fébrile, embourbée dans ses crampons sur coup de pied arrêtés, ne sachant comment défendre ou comment assurer le marquage.

Planté rate sa sortie, ce n'est certes pas sa spécialité, mais derrière personne ne vient au secours, et la tête de l'isérois L.Touré devient imparable (2-1 90e+4).

Un coup de massue qui crucifie les joueurs de Dumas.

Pour autant, la contre-performance n'est pas venue que de ce coup du sort digne d'un épisode des 5 dernières minutes. Elle est surtout dû à cette grossière faute de Leca, qui n'a rien trouvé de mieux que de laisser ses partenaires à 10 contre 11 dès la 9e minute du match, en se faisant, fort logiquement, expulser. Une faute à l'image de Malherbe, pas dangereuse, ni agressive mais une faute bête, tout simplement.

Il eut mieux valu que Caen encaisse le but que de sécher le joueur à l'entrée de la surface. Car en infériorité numérique, Caen n'avait plus aucune chance de créer du danger et de dominer Grenoble...

Cela se confirmait quelques minutes plus tard lorsque les isérois allaient ouvrir le score, sur un coup de pied arrêté (encore) mal renvoyé par la défense, alors que les rouges et bleus étaient privés de Lemaitre en train de se faire soigner sur la touche (d'où la colère de nombreux joueurs à la fin du match envers l'arbitre), et un débordement judicieux de Courtois sur la droite qui servait son partenaire dans l'axe. Et là, contrairement à Ben Khalfallah la semaine dernière face à Marseille, S.Paillot ne se posait pas de question pour ajuster Planté du plat du pied. (1-0 30e).

La suite de la mi-temps était une attaque-défense de Grenoble. Caen, acculé sur son but ne parvenait pas à aligner 3 passes et à trouver de la profondeur. Aucune occasion... rien. Seul Planté faisait valoir son statut de bon gardien de l'élite en alignant les parades. A la rue, mais pas tués, les caennais parvenaient à revenir au vestiaire en conservant l'espoir.

Une seconde période de très bonne facture

A la reprise, première surprise : Point de Dumas sur le banc de Caen. Expulsé par l'arbitre pendant la pause. On ne sait pas vraiment ce qu'il a dit à M. THUAL à la mi-temps, mais les mots on dû être forts... preuve encore du manque de sang froid de l'équipe.

Cela risque d'ailleurs de pénaliser Caen un bon moment : d'abord par le fait que Dumas sera suspendu plusieurs matchs, mais aussi car cette attitude va lever la fronde du corps arbitrale sur l'équipe malherbiste. Il ne faudra point s'étonner de voir les hommes en noir un poil plus sévère avec Caen dans les prochaines semaines. Merci qui ????

Dans le jeu, Caen se montre très entreprenant et se met à copieusement dominer les débats. Sans réellement être dangereux, les rouges et bleus déroulent. L'entrée en jeu de Deroin, combinée à celle de Toudic (à la place de Savidan, qui a couru dans le vide tout au long du match) apporte un allant offensif supplémentaire et les actions s'enchaînent sur le but de Wimbée (impérial samedi soir).

Toudic manque d'un rien d'ouvrir le score sur une superbe volée en ciseaux. Manque de chance, Grenoble avait un joueur sur sa ligne de but pour détourner le ballon.

Mais ce n'était que partie remise, car l'inespéré allait arriver à la 84e minute. Sur une déviation de la tête du jeune Yatabaré, renté en jeu quelques secondes plus tôt (première apparition en L1), Deroin héritait du ballon aux 6 mètres. Un contrôle de la poitrine et une frappe croisée plus tard, Caen égalisait... juste retour des choses !

Hélas, la suite on la connaît. Plutôt que de défendre becs et ongles ce point tant recherché, Malherbe allait voir son château de cartes s'écrouler à la 94e, et par là même sombrer aux portes de la ligue 2.

Que faire maintenant ?

A la sortie du match, on balance entre optimisme (vu la qualité du jeu fourni) et grosse déception. On sent que Caen a les moyens de bien figurer en L1, mais que la machine est très sérieusement grippée.

Le maintien de Dumas coûte que coûte par le Président Fortin, au poste de manager de l'équipe annihile un éventuel "choc psychologique" qui parfois relance le moteur (Cf par ex ce qui se passe à Reims avec L. Fernandez).

En plus de problèmes sportifs, on sent qu'il y a véritablement un problème de gestion de groupe derrière tout cela. Nul doute que la scission est sous-jacente entre Dumas et certains de ses joueurs, en témoigne la mise à l'écart des 3 milieux offensifs cette semaine...

Ceci combiné avec une défense aux abois (il faut dire encore privée de Sorbon, son meilleur atout) et une attaque inefficace (joue t'on trop pour Savidan ?), on peut craindre le pire...

Toutefois, les motifs d'encouragement sont nombreux :
Caen n'a pas été ridicule sur ses dernières sorties, battus à chaque fois que de très peu et presque par eux-mêmes tant ce sont des errements défensifs qui ont scellé les résultats.

Dumas, bien que très controversé, a au moins le mérite de ne pas rester sur ses positions et tente de trouver la bonne formule. Seule une solution sans Savidan n'a pas encore été testée cette saison... mais en aura t'il le cran ?

Les rouges et bleus ont semble t'il, vu leurs déclarations du week-end dans la presse "la rage au ventre", "l'envie de révolte". Rien de mieux pour se surpasser lors des matchs à venir.

La plupart des "cadres de l'équipe" ont l'expérience de la lutte pour le maintien (Planté, Savidan, Nivet, Proment...) et cela pourrait bien servir dans les prochains matchs. Ajouté à cela le fait qu'à un moment, la chance va tourner et la machine re-décollera ...

On attend un réveil, Lille est prévenu !