La composition....6 changements

Dumas avait opté pour 6 changements par rapport à la déculotté Lilloise en ce début de rencontre. Outre l'absence de Proment, suspendu pour ce match, remplacé par Gomis (le porte bonheur de la formation normande), Caen voyait le retour de son gardien titulaire, Vincent Planté, en délicatesse ces derniers temps avec sa santé et son football (infection urinaire, problèmes personnels...).

En défense, Lemaître cédait sa place d'arrière gauche à Seube, de retour de suspension. Hengbart prenant son côté droit. L'axe était défendu par l'inamovible Sorbon, encore très propre samedi et Leca, décidément très en verve à ce poste.

Au milieu, point d'Eluchans, remplacé par Florentin, histoire sans doute de piquer au vif le lutin argentin et de donner plus de vitesse au flanc gauche caennais. La paire Nivet - Deroin complétait le quatuor de l'entre-jeu (avec Gomis en récupérateur).

Devant, Toudic, très malheureux dans le nord, était remplacé par Compan, de nouveau titularisé à domicile, sans doute pour compenser la défense axiale de Monaco très physique. Gouffran se positionnait une nouvelle fois à droite... pour le bien de l'équipe.

Première mi-temps... coup de froid sur d'Ornano....

Sur une pelouse légèrement glissante, arrosée avant le coup d'envoi par des giboulées de grêle mélangées avec de la neige, Caen prenait rapidement le jeu à son compte et sur un tir de Compan, Roma, le gardien monégasque lui aussi de retour dans ses troupes, se réchauffait dès la 4e minute. Sur le contre, Monaco mettait aussi Planté dans le bain, ce dernier détournant une frappe de Piquionne en corner (5e).

Et là, les 20 082 spectateurs givrés (par le froid) allaient se refroidir un peu plus lorsque le coup de pied arrêté tiré très adroitement (compte tenu des bourrasques de vent qui soufflaient sur le stade) par Néné atterrissait sur la tête d'un de ses coéquipiers au second poteau,  lequel, redressait admirablement la balle pour Piquionne seul dans l'axe. Le tir contré de l'international français atterrissait dans les pieds du défenseur central de Moncaco, Sambou, resté en embuscade aux six mètres. Ce dernier effectuait alors un enchaînement judicieux controle frappe pour crucifier Planté. (0 - 1, 6e). 1 action, un but pour les rouge et blancs... D'ornano était devenu calme, très calme....

Fort heureusement, les aboyeurs normands (Nivet, Deroin, Planté) allait relancer la machine et arguant leurs troupes. Et Caen, bien que très affaibli moralement, allait trouver des vertus pour relancer le match. L'équipe normande prenait le jeu à son compte devant un bloc monégasque regroupé, et physique, abusant des fautes aux 30 mètres.

Malheureusement, les ballons lancés dans l'axe de la défense ne donnaient pas grand chose, à part une frappe de Compan et un déboulé de Gouffran à gauche que Deroin ne parvenait pas à reprendre alors qu'il était idéalement placé à 7 mètres du but.

Monaco allait rater d'un rien le hold-up parfait. Sur une frappe lobée de 35 mètres venue de la gauche, le brésilien Néné mettait Planté à la parade. Ce dernier, avancé parvenait à éviter la lucarne du bout des gants.

A noter aussi une erreur de l'arbitre, M. Chapron, qui a oublié un penalty pourtant net sur Florentin, fauché à retardement et par derrière aux abords de la surface alors qu'il remisait le ballon pour un de ses partenaires.

A la mi-temps,  on se demandait si le cauchemar allait encore durer 1 match de plus, d'autant plus inquiétant d'ailleurs que Sochaux menait déjà à Marseille.

Deuxième mi-temps... de toute beauté...

A la reprise, Dumas avait dû arranguer ses troupes rentrées vigoureusement sur le terrain, à contrario de Monaco qui allait offrir au public le gag de la soirée. En effet, M. Chapron sifflait le coup d'envoi, donné par les joueurs de la principauté d'ailleurs,  alors que seulement 9 joueurs rouges et blancs étaient sur la pelouse. Monsoreau et Sambou étant encore en train de lacer leurs souliers dans les vestiaires. Caen ne profitait pas de cette bévue adverse, le centre de Gouffran dans l'axe ne trouvant pas de partenaire....

Après une remontrance auprès de l'arbitre des joueurs de Monaco, Caen allait de nouveau prendre le jeu à son compte et cette fois avancer vers le but adverse par passes courtes. La défense de Monaco, adroite dans les airs se montrait alors nettement plus en difficulté au sol, notamment lorsque Deroin, excellent samedi, s'infiltrait dans les lignes monégasques. Et logiquement, Caen parvenait à égaliser à la 61e minute : sur un déboulé de Florentin à gauche, ce dernier voyait son petit ballon centré repris par Compan et contré de la main par le défenseur monégasque Sambou. L'arbitre n'avait d'autre choix que d'indiquer le point de penalty.

L'artificier Normand dans ce domaine, Hengbart, ne ratait pas l'occasion et  mit un tir croisé hors de porté de Roma. (1-1 - 61e). Les spectateurs venaient de reprendre quelques degrés et Caen beaucoup d'espoir et de confiance.

La folie allait alors s'emparer du SMC, tandis que Monaco restait planté dans ses 30 mètres, incapables de sortir proprement le moindre ballon, ou d'aligner 2 passes successives, et le tournant de la rencontre allait arriver une nouvelle fois sur coup de pied arrêté. Sur une faute très anodine sur Deroin sur la gauche à 35 mètres, ce dernier adressait un centre magistral pour Sorbon qui trompait Roma d'une tête splendide (76e - 2-1). Caen venait de prendre l'avantage, logiquement et allait maintenant dérouler son jeu.

Monaco était KO debout tandis que Caen continuait à aller de l'avant comme pour faire taire ses vieux démons et éviter le pire, une égalisation monégasque. Très à l'aise à la récupération (Gomis), les rouges et bleus enchaînaient les raids dans les 16 mètres adverses et sur l'un d'eux, Eluchans rentré à la 75e minute, se faisait crocheter maladroitement par une défenseur monégasque. 2 e penalty.... Cette fois, c'est Gouffran qui trompa Roma d'un tir croisé à gauche du gardien, dans le petit filet. (3-1, 85e).

Cette fois, le public normand était chaud comme une bouillotte et enfin on sentait que la victoire allait refleurir à D'ornano. Monaco avait quand même une réaction d'orgueil sur corner lorsque Sebo mis Planté à contribution sur une tête que le gardien normand détournait au dessus de sa barre d'une claquette mandandesque...

Et , comme pour définitivement sceller la partie, Jeema, rentré à la 78e minute à la place de Compan, très combatif samedi soir, inscrivait son premier but de la saison à domicile d'une superbe frappe en pleine lucarne alors qu'il était légèrement excentré sur la gauche de la surface de réparation monégasque. (93e 4-1) Bien lui en pris d'ailleurs car il avait complètement raté 2 face à face avec le gardien quelques instants auparavant.

Le coup de sifflet allait être donné ensuite, et Caen enfin libéré !  

Le bilan : 3 points qui font du bien....

Si la première période laissait quelques doutes quand à la faculté de Caen à assurer son maintien parmi l'élite, la seconde a prouvé à tous, joueurs, médias et supporters, que Caen a bien sa place dans le peloton de la Ligue 1. Par un jeu léché, très technique et offensif, Caen a largement dominé un Monaco stérile et impuissant face à la gnaque des rouges et bleus. Le schéma en 4-4-2 de Dumas, très critiqué a cette fois fait ses preuves.

L'équipe s'est montrée plus équilibrée que d'habitude alors que pourtant Leca en défense centrale était plus fébrile que face à Lorient. Nivet, auteur de nombreuses approximations en première pédiode a bien redressé la barre en deuxième mi-temps, aidé par un Deroin des grands soirs, à qui il n'a manqué que le but.
Gouffran, absent en première mi-temps car trop peu alimenté en ballons a inscrit un but sur penalty, de quoi lui donner du baume au coeur pour la fin de saison, lui qui continue d'évoluer à droite, alors qu'il souhaiterai une place dans l'axe.
Gomis a rayonné en récupération, placé pour une fois à son vrai poste. Finalement, l'absence de Proment s'est faite moins sentir que prévue, même si l'ancien messin reste un élément clé de la formation Caennaise. Planté a montré qu'il avait des ressources et bien que peu sollicité, a sorti les parades qu'il fallait au moment où il le fallait.

Au final, ces 3 points sont une grosse bouffée d'air frais pour Caen. On peut considérer qu'une nouvelle victoire et un match nul (qu'ils vont tenter d'arracher dimanche prochain au Mans) suffiront pour un maintien en Ligue 1. Souhaitons juste que cette belle seconde période ne soit pas un feu de paille, car si Caen a gagné, le club reste quand même la 18e équipe de ligue 1 depuis le 1er janvier....